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koléa

KOLEA: VILLE MILITAIRE

LA CASERNE.

Au sud-est de la ville, au bout de l'Avenue de la Caserne, faisant suite à la rue du Colonel Baril (ex-Rue du Camp), la caserne d'Aurelle de Paladines (du nom d'un général qui se.distingua en Algerie dans le corps des Zouaves) est la plus vieille et l'une des plus vastes d'Algérie.
Construite en 1838 par le Génie pour y cantonner les zouaves de Lamoricière, elle occupe, sans compter les terrains âlentour, une superficie de prés de 2 ha. Les zouaves tiennent garnison à Koléa jusqu'à la fin de la guerre 14-18. Ils apportent à la ville une vive animation et au commerce local une grande arospérité.
Pendant la guerre de 14-18, une partie de la caserne sert d'hôpital pour soigner les grands blessés du front qui arrivent à Koléa par le train. Après la guerre, les zouaves sont remplacés par des tirailleurs sénégalais, puis vers 1937 par des tirailleurs algériens. Le départ des soldats de Lamoricière provoque une forte baisse du commerce local et une diminution sensible de l'animation européenne en ville. En 1939, Koléa devient Centre mobilisateur des zouaves, la caserne se remplit et la ville retrouve une grande animation.
Arrive l'armistice. Les zouaves sont démobili-sés et le Centre mobilisateur dissous. La caserne héberge alors tous les Allemands et Autrichiens engagés dans la Légion étrangère qui doivent rentrer dans leur pays en vertu d'une clause de la Convention d'armistice. On peut voir pendant plusieurs mois un bon millier d'Allemands déambulant en ville en uniforme et calot bleus marqués d'insignes et de petits drapeaux à croix gammée. En 1941, le 9a Régiment de Tirailleurs algériens revient et reste jusqu'en 1951. La caserne est affectée à usage d'école militaire partiellement en novembre 1946, puis totalement au cours de l'été 1951.

L'ECOLE MILITAIRE

L'Ecole Militaire Préparatoire Nord-Africaine devenue Ecole d'Enfants de Troupe d'un niveau équivalent aux E.M.P. métropolitaines d'Aix-en-Provence, Autun, Les Andelys et Tulle, peu de temps avant 1958, dispensait un enseignement secondaire de la 6e à la Terminale.
L'internat et les services administratifs occupaient la plupart des batiments rénovés de l'ancienne caserne, le surplus servant à loger une garnison restreinte et les familles des officiers et sous-officiers. Les cours étaient donnés dans des blocs ultra- modernes construits au sud, dans la pinède. Une piscine olympique était achevée peu de temps avant notre départ, en mars 1962.
En 1958, le commandant de l'école était le lieutenant-colonel Roudière, qui avait succédé au colonel Delpy ; son second était le commandant Martin, les adjoints étaient le capitaine Gros, le capitaine Marotel, le capitaine Cuisinier. L'officier d'Intendance Carcy Joseph (mari de Simone Mathieu) et son adjoint Bonnet Justin étaient chargés des approvisionnements de bouche. Le directeur des études était M. Spanin - civil avec grade de proviseur - remplacé en 1960 par M. Martelot. Plusieurs enseignants détachés avaient suivi l'école depuis ses débuts, parmi ceux-ci MM. Caumont et Barniaudy avaient été maintenus. L'arabe était enseigné par un spécialiste :l'adjudant-chef Paillet.
Après 1957, le corps professoral avait été formé de jeunes aspirants et sous- lieutenants effectuant leur service militaire en Algérie, professeurs de lycée dans le civil, ou ingénieurs, ou chercheurs. A partir de la rentrée en 1958, le recrutement des professeurs était le méme que celui des Prytanées et E.M.P. métropolitaines, jeunes agrégés et certifiés nommés par le Ministère de l'Education Nationale et détachés au Ministère de la Défense Nationale. Parmi eux, deux professeurs d'anglais, MM. Roger Cravéro et Daniel Peyre (marié à Rolande Porcel). Ces mémes jeunes agrégés et certifiés faisaient ensuite leur service militaire sur place. Comme il était plus agréable de faire 28 mois de service à Koléa que dans le Djebel, l'école de Koléa ne tarda pas à être investie par les anciens élèves des Ecoles Normales Supérieures Parisiennes (rue d'Ulm, St- Cloud, etc...). Bardés de diplômes, certains sont devenus célèbres depuis, tels le phi- losophe Derrida dont le père était commer~ant à EI Biar, Haudry le grand spécialiste de sanscrit en France à l'heure actuelle, le biologiste Gagnepain, etc...
A sa fondation, l'EMPNA ne recrutait que des élèves musulmans. A partir de 1955, les effectifs étaient 50 % européens, 50 % musulmans. Les éducateurs (maîtres d'internat) étaient pour la plupart des étudiants ou des séminaristes, faisant leur service militaire, encadrés par des sous-officiers de carriè- res, tels les adjudants pages Amédée (marié à Faisselle Marcelle), Ducatillon, Le Goff, Bonnet, Brun, Vallet, Martinez. Après le départ des Français, l'école est devenue : l'école Nationale des Cadets de la Révolution.

(extrait de "Il était une fois...Koléa" de Albert Porcel )